Les premiers secours avant l’arrivée des secours
Les gestes de premiers secours sont une compétence pratique qu’il vaut mieux apprendre dans une formation certifiée en présentiel.
L’histoire de la médecine est pleine de règles qui ne sont devenues évidentes qu’après avoir rencontré de la résistance. Ignace Semmelweis a remarqué, dans les années 1840, que la mortalité des parturientes chutait nettement quand les médecins, après les autopsies, se traitaient les mains au chlorure de chaux avant l’examen. L’observation s’est révélée plus forte que l’explication de l’époque, mais pas tout de suite plus forte que l’amour-propre professionnel.
Plus tard, la théorie microbienne a donné un langage au mécanisme. La leçon pratique dépasse le lavage des mains : une procédure utile peut apparaître avant son explication complète, mais elle doit s’appuyer sur un résultat observable, sur la reproductibilité et sur une vérification ultérieure — pas sur l’autorité de celui qui a énoncé la règle le premier.
Lire est utile, mais ne remplace pas l’entraînement à la réanimation cardio-pulmonaire, à l’arrêt d’une hémorragie et aux autres gestes, sous la conduite d’un formateur.
Dans une situation d’urgence, on vérifie d’abord la sécurité des lieux. La victime ne tirera aucun bénéfice d’une seconde victime à côté d’elle.
Ensuite :
- on appelle les secours ;
- on évalue la conscience et la respiration ;
- on n’exécute que les gestes qu’on a appris ;
- on reste sur place jusqu’au relais par les professionnels.
Il vaut la peine d’avoir une trousse de secours et d’en vérifier périodiquement les dates de péremption. Il est encore plus utile de savoir à quoi sert son contenu.
On ne devrait pas prendre un médicament au seul motif qu’il a aidé une connaissance ou qu’il traîne à la maison.
Avant de l’employer, il faut :
- le nom exact ;
- l’indication ;
- la dose ;
- les contre-indications ;
- les interactions possibles ;
- la date de péremption ;
- de savoir quand un médecin est nécessaire.
La présence de contre-indications ne prouve pas l’efficacité d’un produit, et l’absence d’une longue liste n’en prouve pas l’inutilité. Ces choses-là se déterminent par des études, pas par la beauté de la notice.
Se documenter soi-même aide à poser de bonnes questions au médecin et au pharmacien. Cela ne transforme personne en son propre médecin généraliste.
La prudence s’impose particulièrement avec les médicaments chez l’enfant, en cas de grossesse, de maladie chronique et d’association de plusieurs produits.
Le scepticisme envers la médecine ne protège pas de la maladie. La confiance aveugle non plus. Il faut un système dans lequel une décision importante puisse être expliquée, vérifiée et, si nécessaire, révisée.
Dans une telle situation, ce qui manque le plus n’est pas le savoir, mais la disposition à commencer. Autour de la personne à terre se forme d’ordinaire un cercle où chacun attend que quelqu’un de plus compétent s’avance. C’est pourquoi les formations en présentiel enseignent une chose simple : s’adresser à une personne précise et non à la cantonade — « vous, avec la veste bleue, appelez les secours ». Une demande adressée casse le cercle des spectateurs et désigne un responsable. Une demande impersonnelle s’y dissout sans laisser de trace.
Tout ce qui se fait sans aucune préparation vaut déjà beaucoup : s’assurer que les lieux sont sûrs, appeler les secours, rester auprès de la victime et la transmettre à ceux qui arrivent. Le reste, mieux vaut le faire avec des mains qui l’ont déjà fait sous l’œil d’un formateur.