art. 1. La femme a toujours raison.
— Roma, il te plaît, ce lavabo Laufen
— Non, Nastia. Je préfère celui-là, le Bella Vista
— Mais pourquoi on fait toujours comme tu dis ?
— Ma chérie, je ne dis rien. Tu m’as demandé ce qui me plaisait — je l’ai dit. C’est tout. Je n’insiste sur rien. C’est ton nid, et si tu préfères le Laufen — prends-le !
— Mais il ne te plaît pas !
— Mais non, voyons, bien sûr qu’il me plaît. Tout va bien, le Laufen est le meilleur choix ! Commande-le.
— Pourquoi tu te comportes toujours comme ça. Je te pose une question sérieuse et tu esquives. Redis-le encore une fois, il te plaît, ce lavabo Laufen ?
— On parle uniquement de goûts personnels ?
— Oui.
— Et on fera comme tu dis, pour que ce ne soit pas « toujours à ma façon » ?
— Oui.
— Alors pourquoi me demander ?
— Ton avis m’intéresse.
— Ok, à mon avis, le Bella Vista est mieux.
— Mais pourquoi tu es si cruel ?
— Bon, Nastia. Prends le Laufen. En fait il me plaît.
— Je te connais ! En fait il ne te plaît pas, et s’il ne te plaît pas — il va lui arriver quelque chose. Il va se briser ou se casser. Je te connais !
— Nastia, je te le dis franchement — le Laufen est le lavabo de mes rêves.
— Allez, ne te moque pas de moi !
— Pourquoi je me moquerais ? Je suis tout à fait sérieux. De tout ce qu’il y a dans ce magasin, le Laufen est le meilleur.
— Tu ne m’aimes pas !
— (Il appelle le vendeur) Jeune homme !
— Oui-oui ?
— Expliquez-nous, s’il vous plaît, quelle est la différence entre Laufen et Bella Vista ? (et il ajoute à voix basse : Expliquez à ma femme en quoi le Laufen est meilleur)
Le vendeur baratine.
— Tu vois, Nastia, j’avais raison — le Laufen est ce qu’on pouvait choisir de mieux ici ! Comme tu le voulais ! Commande-le et allons-y.
— Encore une fois tout s’est fait à ta façon ! Mais pourquoi je suis privée du droit de choisir !
Et comment on a choisi les robinets dix minutes plus tard, je le raconte ?