Les parents du partenaire
Rencontrer la famille de son partenaire n’est pas un concours d’approbation. C’est une prise d’information mutuelle.
La famille montre : quelles formes de conflit y sont tenues pour normales, comment se répartissent l’argent et le pouvoir, si les limites sont respectées, s’il est permis d’être en désaccord, comment on traite les personnes dépendantes et âgées, et si l’enfant devenu adulte conserve le droit à une vie à lui.
Le partenaire n’est pas tenu de répéter ses parents. Parfois, toute sa vie adulte est bâtie précisément sur le refus du scénario familial. Mais un tel refus exige de la lucidité et des limites.
Mieux vaut commencer la vie commune là où les décisions sont prises par le couple, et non par le propriétaire de l’appartement, le parent qui paie ou le proche qui a une clé et un avis sur tout.
L’aide financière de la famille n’est pas en soi un problème. Ce qui compte, ce sont les droits qu’elle achète. Un logement gratuit peut se révéler l’option la plus coûteuse s’il s’accompagne d’une gestion vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Dans un conflit entre le partenaire et sa propre famille, le soutien automatique d’un camp est dangereux. Une loyauté de base envers le couple est nécessaire, mais elle n’oblige pas à déclarer le partenaire dans son droit en toutes circonstances.
Attaquer les parents du partenaire est tout aussi inutile. Une personne peut les critiquer elle-même et réagir malgré tout douloureusement aux mêmes mots venus de l’extérieur.
Mieux vaut parler de l’effet concret :
C’est difficile pour moi quand les décisions se prennent sans nous.
Je n’accepte pas de vivre dans ces conditions.
Il nous faut une règle commune pour les rapports avec nos familles.
Se réfugier chez ses parents après une dispute n’est pas obligé de mettre automatiquement fin à la relation. Ce qui compte davantage, c’est de savoir si le départ sert de punition, si la personne est capable de revenir à la conversation et si le couple dispose de sa propre façon de résoudre les conflits.
La famille d’origine reste importante. Mais un couple adulte n’a pas à en être une succursale.
Ce qui en dit le plus n’est pas le dîner de fête, mais le premier petit désagrément en présence d’invités : une soupe trop salée, un retard, une question mal posée. En une minute, on voit qui est désigné coupable, s’il est permis de contredire celui qui domine la table, si l’on plaisante sur quelqu’un en sa présence et ce qu’il advient de celui qui s’est vexé. Les réponses sont en général prêtes d’avance : elles ont été rodées pendant des décennies, et l’invité est simplement tombé sur une représentation de plus.
Et il faut regarder non seulement les parents, mais aussi le partenaire à côté d’eux. Un adulte qui redevient adolescent chez lui — se tait, se justifie ou prend instantanément parti — se comportera très probablement de la même façon dans un conflit où l’autre camp, ce sera vous.