Avant la sonnerie
Un bref contact avec le contenu avant le cours change nettement le cours lui-même.
Pas besoin de tout comprendre à l’avance. Il suffit de regarder les notions principales, la structure du sujet et les exemples. L’explication du professeur ne tombe alors plus dans le vide. On sait déjà où l’incompréhension est apparue, quels termes reviennent et quelle question vaut la peine d’être posée.
Sans ce coup d’œil préalable, le cours se déroule souvent en mode livraison. On essaie en même temps de comprendre la matière, de noter la formulation et de repérer ce qu’on n’a pas compris. Cette dernière tâche perd d’ordinaire.
Une séquence utile ressemble à ceci :
1. parcourir rapidement le contenu ;
2. repérer les passages obscurs ;
3. écouter l’explication ;
4. poser une question ;
5. vérifier sa compréhension sur un exercice à soi.
La question est particulièrement utile quand le cours paraît ennuyeux. L’ennui signifie parfois que la matière est trop facile. Parfois, qu’elle est trop difficile et que la conscience a discrètement quitté la salle. Dans les deux cas, la question ramène la participation.
Il n’est pas obligatoire de la poser à voix haute à chaque occasion. On peut l’écrire et la vérifier plus tard. Mais une bonne question transforme un cours collectif en enquête personnelle.
Cela vaut bien au-delà de l’école. Une consultation médicale dure douze minutes. Celui qui a noté à l’avance quand cela a commencé, ce qui a changé, ce qu’il a pris et ce qu’il veut éclaircir consacre ces minutes à sa maladie. Celui qui n’a rien préparé les passe à reconstituer sa propre chronologie à voix haute — « au printemps, je crois, non, plutôt après les vacances » — et se souvient de la question principale dans l’ascenseur. Même chose en réunion, quand l’ordre du jour a été envoyé la veille et que personne ne l’a ouvert : les vingt premières minutes servent à déterminer pourquoi tout le monde est là.
La préparation prend quelques minutes et paraît toujours superflue à l’avance. Son intérêt n’est pas d’économiser du temps, mais de changer de propriétaire : douze minutes qui étaient à un autre deviennent les vôtres.