Gestion · Leadership

Hiérarchie dans le troupeau

La hiérarchie n’a absolument rien à voir avec la gestion des personnes. L’Alpha local peut ne pas être le chef de l’entreprise. De plus, il est fort probable qu’il ne le soit pas, car les chefs et les subordonnés ne sont pas placés selon le principe du « qui a le dos argenté », mais selon des critères de compétence, de relations, de pots-de-vin, de géographie, etc. Si jamais l’Alpha est le chef, alors c’est vraiment très mauvais.Le berger n’a pas besoin de discuter avec les moutons pour savoir qui a le front le plus dur.

Et, dans le collectif déjà formé, commencent à germer les germes du troupeau. Un bon manager devra gérer la dynamique de groupe, plutôt que de « conserver » le collectif. Très souvent (je n’en suis pas complètement sûr, car je me base sur ma propre expérience), la provocation à l’établissement d’une hiérarchie de troupeau est l’absence de travail. Autrement dit, les gens ont été recrutés, les responsabilités ont été définies, mais chaque personne en particulier n’est occupée par son travail que 10 % du temps de travail. Maintenant, nous allons couper les jeux vidéo et observer la formation d’une communauté à partir du collectif de travail. La moitié (si ce n’est pas tout le monde) va coucher ensemble (par ennui et parce qu’on peut prendre trois heures pour le déjeuner au lieu d’une), et en même temps, par ennui également, une hiérarchie va commencer à se former. Il deviendra soudainement important de savoir où se trouve le bureau de chacun, surtout cela se manifestera lors d’un déménagement ou d’un réaménagement, des influences mutuelles entre les gens commenceront et tu commenceras à avoir peur de licencier un paresseux, car il pourrait provoquer une avalanche de départs, des motifs de comportement incompréhensibles pour le manager apparaîtront.

Il serait erroné de déterminer qui a le dos le plus blanc et de soutenir ouvertement ou implicitement ces jeux, en développant, de son côté, une attitude stéréotypée envers chaque membre de l’équipe. Ce qui est le plus intéressant, c’est que si un nouveau patron rejoint une telle équipe « enlisée », il est à la fois difficile et, au début, inutile de lutter contre les relations établies. Il vaut mieux les utiliser à des fins (de l’entreprise), cependant, il convient d’éviter de dessiner une nouvelle structure organisationnelle en fonction des personnalités existantes.

Et du point de vue du « commandement », la hiérarchie n’y est pour rien non plus. Les schémas de comportement issus de la hiérarchie du troupeau ne sont tout bonnement jamais employés par les managers de la culture européenne, parce qu’ils n’en ont tout simplement pas vu l’usage dans leur enfance, à l’époque où se formait leur caractère. Cela fait longtemps que les gens ne vivent plus en communautés ni en troupeaux, et un jeune enfant n’a nulle part où prendre l’exemple du comportement correct d’un chef de meute. Il ne peut que le supposer, en regardant… son papa.