Le crime ne devient pas une compétence domestique
La culture de masse sait transformer le crime en casse-tête intellectuel : on propose au spectateur d’évaluer non pas le préjudice, mais l’ingéniosité de la dissimulation. Les conseils opérationnels sur la violence ne deviennent pas inoffensifs parce qu’ils sont ironiques ou théoriques.
Un principe utile se trouve du côté opposé :
N’acceptez pas de participer à une action qu’une autre personne exige de cacher parce qu’elle est illégale ou potentiellement nuisible.
Si vous vous retrouvez témoin ou participant involontaire d’un événement dangereux :
- assurez d’abord votre propre sécurité ;
- appelez les secours ;
- ne détruisez et ne modifiez pas les preuves ;
- n’essayez pas d’enquêter vous-même sur le crime ;
- faites-vous assister par un avocat si vous risquez d’être impliqué ;
- n’acceptez pas de garder un secret dangereux par peur, par honte ou par loyauté.
Certaines décisions ne se rattrapent pas par une bonne organisation ultérieure.
Le meilleur moyen de ne pas laisser de traces d’un crime est de ne pas commettre de crime.
L’implication n’a en général pas l’air d’un crime. Elle a l’air d’une demande : mets le téléphone à ton nom, prête ta carte pour deux virements, signe comme fondateur, tu n’es qu’un coursier, garde ce sac vingt minutes. Chaque étape est petite, explicable et faite pour une connaissance, pas pour de l’argent. Ce qu’on examinera ensuite, ce n’est pas l’intention d’aider, mais l’acte accompli, et il faudra l’expliquer à quelqu’un que votre amitié n’intéresse absolument pas.
Un indice fiable : une demande qu’on ne peut pas répéter à voix haute à un tiers sans la retoucher. Si l’on doit déjà en adoucir la formulation dans sa propre tête, il est trop tard pour réfléchir à sa participation : la décision a été prise par celui qui demandait.