Leçons de vie

L’animal n’a pas lu ce conseil

Les fiches pratiques populaires aiment une règle universelle unique : ne cours pas, regarde-le dans les yeux, fais-toi plus gros ou couche-toi par terre. Les animaux d’espèces différentes ne sont pas tenus de comprendre de la même façon un scénario humain.

Le conseil « ne fuis jamais » peut convenir face à certains prédateurs et être dangereux dans d’autres situations. La réaction dépend de l’espèce, de la distance, de la présence de petits, de nourriture et du comportement de l’animal concerné.

Il faut donc connaître à l’avance les règles de la région et de l’espèce.

La part universelle est plus courte :

  • ne pas s’approcher d’un animal sauvage ;
  • ne pas le nourrir ;
  • ne pas l’acculer ;
  • lui laisser une voie de retrait ;
  • ne pas chercher à obtenir une photo au prix de la distance ;
  • garder ses animaux domestiques sous contrôle ;
  • suivre les consignes des services locaux.

Si l’animal s’approche de lui-même, ce n’est pas nécessairement de la confiance. Il peut être malade, habitué aux humains ou intéressé par de la nourriture.

Provoquer un animal en tentant de l’attraper — un tigre en particulier — n’est pas une méthode de sécurité.

Les chiens domestiques diffèrent eux aussi. En cas de menace, mieux vaut éviter les gestes brusques, ne pas se pencher au-dessus de l’animal, ne pas le fixer dans les yeux et augmenter progressivement la distance. Mais la situation peut appeler d’autres actions, et une formation locale est plus utile qu’un paragraphe universel.

L’animal n’est pas tenu de comprendre correctement nos intentions. Il ne sait même pas qu’elles étaient bonnes.

L’erreur la plus fréquente est de prendre le calme de l’animal pour une autorisation d’approcher. Le cerf du parc ne s’enfuit pas non parce qu’il fait confiance, mais parce qu’il a jugé la distance suffisante. Un pas en avant modifie cette évaluation, et c’est l’animal qui la modifie, pas l’humain au téléphone. Le cliché pour lequel on réduit la distance ne se distingue en général en rien de celui pris trois mètres plus loin, sinon par les circonstances dans lesquelles on le montre ensuite.

La deuxième erreur est l’habitude de transposer l’expérience de son propre chien à celui d’un autre. Un animal domestique connaît des personnes précises et des situations précises, pas l’espèce « humain » en général. Votre chien ne vous donne aucune qualification concernant le chien d’un autre derrière une clôture.