L’alcool et la pression des autres
La culture de la fête fait de l’alcool un signe de confiance, de maturité et d’appartenance au groupe. Refuser un verre demande donc souvent d’être défendu plus vigoureusement que la décision d’en boire un.
Mieux vaut donc choisir ses règles à l’avance :
- combien vous comptez boire ;
- comment vous rentrerez ;
- qui restera sobre ;
- quels médicaments ou quels états sont incompatibles avec l’alcool ;
- quelles décisions ne peuvent pas être prises après avoir bu.
Il n’est pas obligatoire de boire en l’honneur de l’amitié, de la fête, de l’hôte ou d’un toast bien tourné.
Un respect qui exige une confirmation chimique manque plutôt d’assurance.
Sont particulièrement dangereux :
- boire vite ;
- mélanger avec d’autres substances ;
- les concours ;
- la conduite ;
- laisser seule une personne très ivre ;
- un rapport sexuel où l’un n’est pas en état de consentir librement et clairement.
Si la personne ne réagit pas, respire anormalement, n’arrive pas à rester consciente ou vomit sans arrêt, ce n’est pas une raison de la laisser « cuver ». Il faut des secours d’urgence. On ne laisse pas la personne seule.
Le droit de s’arrêter existe après n’importe quelle quantité bue. Le verre précédent ne crée aucune obligation envers le suivant.
La pression n’a presque jamais l’air d’une pression. Personne ne dit « bois » ; on dit « tu vas nous vexer », « à la santé des parents, ce serait un péché de refuser », « un verre, ça ne compte pas », « c’est de bon cœur ». Chaque phrase offre au refus un nouveau motif de discussion, et l’on se met à expliquer : je conduis, j’ai un traitement, je me lève tôt. L’explication est justement la faille — à chacune, on trouvera une objection. Ce qui marche, ce n’est pas l’argument, c’est la répétition d’une même phrase courte, inchangée.
La deuxième chose qui marche mieux que la volonté, c’est la décision prise avant d’entrer dans la pièce : combien, jusqu’à quelle heure, comment rentrer. Sobre, on décide combien on va boire. Après avoir bu, on décide seulement combien on va boire encore.