Leçons de vie

Les produits dérivés d’un métier

Un travail ne rapporte pas seulement un salaire et un résultat principal.

Il produit aussi des dérivés : des connaissances, des relations, une réputation, des outils, un portfolio, des données, une compréhension du secteur, l’accès à des occasions et l’habitude de résoudre un certain type de problèmes.

Ce sont parfois eux qui déterminent la valeur à long terme d’une activité.

Un petit projet peut être mal payé et donner un exemple de travail important. Un poste temporaire donne accès à une équipe forte. Le bénévolat donne de l’expérience et fait connaître un domaine.

Mais le mot « expérience » sert surtout à payer le travail gratuit. Un produit dérivé n’a de valeur que s’il :

  • apparaît réellement ;
  • vous appartient ;
  • est réutilisable ensuite ;
  • justifie la rémunération non perçue ;
  • ne remplace pas indéfiniment un travail normal.

Il vaut la peine de chercher aussi des produits dérivés dans son activité actuelle.

Si un projet exige déjà une recherche, on peut créer :

  • un modèle ;
  • une méthode ;
  • une bibliothèque de solutions ;
  • un article ;
  • un outil ;
  • un support de formation.

Un seul effort travaille ainsi plusieurs fois.

Le produit dérivé ne doit toutefois pas détruire la tâche principale. Trop occupé par sa future présentation, on peut oublier de finir le projet lui-même.

Il faut d’abord une vache. La production de cuir en produit dérivé se discute ensuite.

Le produit dérivé pose une question ennuyeuse de propriété. L’ingénieur qui a mis au point au travail une méthode de calcul commode emporte la compréhension, mais pas forcément les fichiers, les plans et le droit de les montrer à l’employeur suivant : c’est écrit dans le contrat signé sans être lu. Avec un portfolio, c’est pareil — la moitié des meilleurs travaux peut se trouver sous accord de confidentialité, et on ne peut pas les présenter, même oralement, à mots couverts, dans les grandes lignes.

Il est donc raisonnable de négocier le produit dérivé à l’avance — à l’embauche, quand on peut encore en discuter — plutôt que de le découvrir la dernière semaine. Le jour du départ, la position de négociation est déjà nulle, et il ne reste que la mémoire.